S’orienter grâce aux indices du ciel

La navigation naturelle regroupe l’ensemble des méthodes faisant appel aux indices naturels et permettant de s’orienter et/ ou de prédire la composition d’un environnement donné. Poussé à son raffinement le plus extrême, il peut consister en une série de déductions pouvant nous permettre de dire si la lune sera pleine ce soir en ayant simplement observé un oiseau à marée basse et la trace laissée par l’eau sur les rochers. En ce qui nous concerne, nous n’aborderons que les moyens naturels de s’orienter sans faire appel à nos outils modernes.

I – La course du Soleil

Nous allons commencer avec une petite approximation : le soleil se lève à l’est et se couche à l’ouest, dans l’hémisphère nord, il est parfaitement au sud en milieu de journée. Attention, il s’agit du midi de l’heure solaire qui intervient une heure plus tôt que l’heure d’hiver ou deux heures plus tôt que l’heure d’été, avec des variantes possibles selon les pays. En première approximation, il est donc suffisant d’observer le soleil à son lever, à son coucher et en milieu de journée (même si ce n’est parfaitement vrai qu’aux équinoxes, deux jours par an).

II – Les étoiles

Par une nuit suffisamment découverte, il est possible de se délecter du spectacle que nous offrent les astres, mais également de s’orienter en observant quelques indices. L’étoile Polaire est réputée pour être un bon indicateur du nord géographique, elle se situe quasiment dans l’axe de rotation de la Terre, sa position ne changera donc pas durant la nuit alors que la voûte céleste montrera un effet de rotation.

Peu de gens savent réellement retrouver Alpha Ursae Minoris, car, non, ce n’est pas le point le plus lumineux du ciel (ce titre est à laisser à Sirius ou aux planètes de passage). Deux pointeurs peuvent être définis : le grand chariot (astérisme faisant partie de la constellation de la Grande Ourse) et Cassiopée. Intéressons-nous à la grande casserole et repérons le côté d’où serait supposée couler la sauce (entre Merak et Dubhe) et reportons cet écartement vers le haut du récipient par 5 fois pour trouver l’étoile Polaire. Cassiopée ressemble à un W dont les deux extrémités sont constituées par Caph et Epsilon cas, l’écartement entre les deux peut être reporté à angle droit par deux fois pour tomber également sur l’étoile Polaire.

Conclusion

Toutes ces méthodes font appel à des astres et nécessitent donc une vision dégagée du ciel. En présence de nuages, elles deviennent temporairement obsolètes, mais le navigateur maîtrisant son art pourra se tourner vers les organismes vivants (plantes et animaux) pour espérer décoder son environnement et s’orienter avec une précision acceptable. Tout l’art de la navigation naturelle repose sur des connaissances écologiques simples, mais s’intègrent dans un schéma général complexe qui traduit, en fait, le fonctionnement de notre planète.

Ceci est un extrait de l’article paru dans le numéro 7 de Survival Magazine. Si le sujet vous intéresse, découvrez parmi nos publications le livre « L’art ancestral de la navigation naturelle » par Alban Cambe.

Alban Cambe
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Alban Cambe

Alban Cambe est professeur de Sciences de la Vie et de la Terre et formateur Bushcraft. Il transmet ses connaissances au cours de sorties sur le terrain pour petits et grands. Il est l’auteur de l’ouvrage de référence « Nature Aventure Survie : guide pratique du Bushcraft ».

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