Construire un séchoir solaire en famille

Occuper ses enfants tout en construisant un objet utile pour toute la famille.

Une fois le constat posé de l’augmentation inévitable aujourd’hui des températures, on peut choisir différentes attitudes. Ne rien changer à sa vie et prendre des décisions qui accélèrent le processus de réchauffement. Plonger dans l’anxiété d’un effondrement. Ou tirer profit de ce changement tout en mettant en place des actions concrètes pour réduire notre impact. Sécher ses herbes ou des légumes demande une utilisation prolongée d’électricité et monopolise un four ou un déshydrateur électrique pendant des heures.

Alors, pourquoi ne pas économiser de l’électricité, du temps et de l’argent en utilisant l’énergie et la chaleur du soleil si généreux ? C’est pourquoi, avec ces journées très chaudes des dernières semaines et l’abondance des herbes aromatiques et légumes du jardin, nous avons eu l’idée de construire un séchoir solaire en famille avec, essentiellement, du matériel de récupération afin de pouvoir stocker nos épices et quelques fruits pour l’hiver. Nous nous sommes d’abord donc penchés sur le processus de déshydratation des aliments et, ensuite, sur les différentes méthodes de séchage. Sur ces bases-là, nous avons réfléchi au modèle à construire en fonction de notre matériel, de nos compétences et du temps nécessaire à la réalisation. L’idée est de passer un bon moment en famille en construisant un objet utile, qui a du sens et dont toute la famille sera fière ; non pas de stresser les parents ou de perdre les enfants en cours de route.

Les différentes méthodes de séchage

Méthode de séchage traditionnelle

Les aliments sont séchés au soleil à l’air libre et étalés sur des grilles ou des claies. Pour les fruits et légumes, ils peuvent être enfilés sur des fils et suspendus dans un endroit chaud et aéré. Cette méthode est très facile à mettre en œuvre et le matériel nécessaire ne prend que très peu de place. Toutefois, sécher les aliments de cette façon est moins efficace, dure plus longtemps et demande plus de manipulation (puisqu’il faut retourner les aliments posés à plat). De plus, il y a davantage de risques de contamination liés aux insectes, poussières et autres désagréments. Cet inconvénient pourra cependant être en partie résolu en posant un linge fin sur les aliments.

Séchoir solaire direct

Cette méthode de séchage implique de disposer les aliments sur une claie dans une boite recouverte d’une vitre en verre ou en plastique transparent inclinée à 45°. Afin que le séchage soit efficace, la boite doit être orientée vers le sud. Cette méthode de séchage est plus efficace et plus rapide car les rayons du soleil sont amplifiés par la vitre. La température est donc beaucoup plus élevée. La déshydratation peut prendre de quelques heures à quelques jours. Autres avantages : les aliments sont protégés des insectes et autres poussières, le séchoir est assez facile à construire pour des novices en bricolage et il ne demande pas beaucoup de ressources. Toutefois, du fait des rayonnements directs sur les aliments, ceux-ci perdent leurs vitamines ainsi que leurs éléments nutritifs. Il se peut qu’ils perdent leur goût, leur saveur voire même leur couleur. De plus, si la ventilation n’est pas suffisante, il pourrait y avoir des problèmes de moisissures. L’utilisation de ce type de séchoir n’est pas recommandée en cas de climat trop humide.

Séchoir solaire indirect

Plus complexe à mettre en œuvre, cette méthode de séchage est beaucoup plus performante et préserve toutes les qualités nutritives et les caractéristiques des aliments (goût, couleur, aspect…). Le séchoir solaire indirect les plus commun est composé de 2 parties : un collecteur incliné à 45° qui convertit le rayonnement solaire en chaleur et qui fait monter l’air chaud vers la chambre de séchage. Certains de ces séchoirs sont équipés d’un système de ventilation électrique lui-même solaire. L’air entre donc par le bas du collecteur qui, grâce à la vitre en verre et à la plaque noire située derrière, chauffe l’air. Celui-ci circule entre les aliments disposés sur des claies et ressort ensuite par le haut. La durée de séchage est variable en fonction des conditions climatiques et du système de ventilation. L’inconvénient de cette méthode est que la construction est plus complexe. Elle nécessite donc de bonnes compétences en bricolage, plus de matériaux et donc de moyens. De plus, l’objet est plus encombrant et assez lourd.

Notre choix

Suite à notre analyse de ces différentes méthodes, nous avons pu déterminer ensemble quel séchoir nous allions construire en fonction de nos compétences, des matériaux à notre disposition (nous avons privilégié des matériaux de récupération à l’exception de la plaque de plexiglas) et de notre réalité matérielle (nos possibilités de remise du séchoir en hiver et les jours de pluie). Nous sommes donc partis sur la base d’un séchoir solaire direct : plus compact, plus facile et plus rapide à construire et offrant une bonne protection des aliments.

La construction

Je ne décrirai pas les étapes de construction de notre séchoir solaire dans cet article. Vous trouverez toutes les ressources nécessaires sur Internet. Que ce soit pour un séchoir solaire direct ou indirect, les ressources sont nombreuses et libres d’accès. Toutefois, pour vous donner une idée, il nous aura fallu deux journées complètes pour construire en famille notre séchoir solaire. Les enfants ont été impliqués du début à la fin du processus de construction et ont utilisé tous les outils après explication et rappel des consignes de sécurité. Il nous semble important de laisser les enfants prendre une part active dans les projets de construction et de leur donner des responsabilités.

Le résultat

Notre séchoir solaire terminé, nous avons choisi de le tester en séchant de l’estragon et de la sauge, herbes aromatiques abondantes dans notre jardin. Après avoir étalé chaque feuille sur nos deux claies, nous avons les avons installées dans notre boîte de séchage bien orientée au sud. En quelques heures seulement, nous avons obtenu de belles feuilles séchées. Elles sentent très bon et leur aspect est parfait. Chacun d’entre nous est fier du résultat et d’avoir participé à ce projet de famille qui a du sens et qui est le chemin vers plus d’autonomie.

Dans les semaines à venir, nous allons continuer de sécher les herbes aromatiques (estragon, sauge, laurier, citronnelle, persil…) et les légumes (tomates, courgettes et aubergines) du jardin, mais aussi des fruits (bananes, pommes, abricots…) pour préparer nos réserves d’hiver. Les enfants prennent plaisir à participer à ces activités, ont davantage envie de goûter aux aliments et se sentent investis d’une mission. Certes, les conséquences du réchauffement climatique sont catastrophiques et nous devons agir pour limiter les dégâts, mais, s’adapter à ces nouvelles données est une nécessité et une force, un apprentissage indispensable pour nos enfants.

Vous retrouverez cet article dans Survival #27
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