Edito #27 : Un clou chasse l’autre

Dans l’Ouest, la Mayenne est sous haute surveillance, car le taux de reproduction du coronavirus, ou R zéro, est en forte progression. Cette tendance devient l’horizon pour plusieurs départements. Les Pays-Bas et l’Espagne ont abattu plusieurs dizaines de milliers de visons d’élevage testés positifs au coronavirus. Les États-Unis, l’Inde et le Brésil voient le nombre de cas de Covid-19 augmenter inexorablement et partout en Europe et ailleurs des mesures pour imposer le masque sont émises par les gouvernements.

En Floride, une étude relate que 31 % des enfants, souvent asymptomatiques, ont été testés positifs au nouveau coronavirus. Un chiffre surprenant puisque les scientifiques nous disent que les enfants sont généralement moins touchés par le Covid-19 que les adultes.

Depuis des mois, des chercheurs en Intelligence Artificielle travaillent à l’élaboration d’algorithmes capables de prédire l’évolution du coronavirus Sars-Cov-2 et déterminer la localisation de nouveaux foyers épidémiques.

D’autres équipes de scientifiques travaillent sur la mise au point d’un vaccin qui, alors qu’il est encore loin d’être injectable dans nos épaules, suscite déjà de vives réticences. On peut donc, sans jeter l’anathème et malgré les nombreuses déclarations qui ont eu lieu ces derniers mois, douter que les solutions magiques à cette pandémie soient imminentes.

N’en déplaise aux indécrottables coperniciens : la science ne peut pas tout régler de ce qui relève du vivant. À ce stade, deux choses sont certaines : ce virus n’a pas livré tous ses secrets et il y a fort à parier qu’on va encore entendre parler de lui. Au grand désarroi des décideurs qui voient ce virus comme un grain de sable dans leurs projets réformateurs les obligeant à toutes sortes de génuflexions et d’artifices pour enfumer sans enflammer, mais faire comme ils l’ont décidé tout de même. Que ça plaise ou non à ceux qui les rémunèrent : le peuple. Mot qui relève presque de la vilenie en ces temps progressistes.

Ce numéro 27 sonne le glas du premier semestre de l’année et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il s’est déroulé selon l’adage populaire « Un clou chasse l’autre ». Proverbe qui revêt presque de la doctrine en ce XXIe siècle, avec l’instantanéité comme ligne du temps, les effets d’annonce en guise de communication politicienne, la diversion comme radiographie des évènements, l’esbroufe comme posture de gouvernance, l’accentuation des clivages comme stratégie politique, les minorités comme porte-voix sociétaux et au final une impression qu’il n’est aujourd’hui plus possible d’emmener une nation et son histoire ailleurs que sur la pierre sacrificielle au nom du transhumanisme et du libertarianisme.

Et parce que les constats ne sont rien d’autre que des mots et que rarement ces derniers ne sont plus que du bruit, il faut se décider pour s’inscrire dans le réel. Prendre une voie, choisir son bord, modérer les tergiversations, limiter la procrastination et avancer sur le seul grand projet si clairement émis par Thoreau dans Walden :  « Si humble que soit votre vie, faites-y honneur et vivez-la, ne l’esquivez pas et n’en dites point de mal. Elle n’est pas aussi mauvaise que vous. C’est lorsque vous êtes le plus riche qu’elle paraît le plus pauvre. »

Joël Schuermans

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Joël Schuermans

Après 12 ans passés dans une unité commando, il a repris une carrière de medic spécialisé dans les zones hostiles et/ou isolées. Aventurier et voyageur au long cours, il est un spécialiste médical pour expéditions et missions lointaines. Conseiller éditorial du magazine Survival, auteur de plusieurs livres et de nombreux articles. Vidéaste et photographe, il réalise des reportages écrits et vidéos sur certains sujets d'aventure et notamment sur les rangers de la lutte anti-braconnage en Afrique.

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