Zone de vie pour personne seule (1)

Je ne le répéterais jamais assez : dans le monde qui pourrait devenir le nôtre demain, survivre, c’est être autonome. Savoir construire des abris et mettre en place un bivouac doit faire partie de votre panel de connaissances. En effet, en cas d’effondrement de la normalité, vous serez en quête d’un lieu vous permettant de récupérer, de vous sécher et de dormir : et ce sera clairement plus facile avec un toit au-dessus de votre tête.

I.Théorie

Mais avant toutes tentatives pratiques, vous devez impérativement avoir quelques éléments-clé en tête : la mise en place d’un bivouac sécurisé implique le respect de certaines règles.

1. L’emplacement

Le choix de l’emplacement de votre bivouac est fondamental.

Il devra :

  • Vous procurer une protection contre les éléments (si la journée les températures seront agréables, la nuit, elles peuvent chuter brusquement – sans oublier la rosée du matin)
  • Avoir un point d’eau à proximité pour l’hygiène (toilette) et l’approvisionnement en eau potable.
  • Être sur un mouvement de terrain, pour bénéficier d’une zone sèche et maximiser votre protection (une crue soudaine arrive en 30 secondes).
  • Loin des zones urbaines (calme et sécurité).
  • Si votre zone de bivouac est proche de troupeaux ou d’habitations, installez-vous en amont afin d’éviter tous risques de dysenterie due aux eaux usées.

2.Périmètre de sécurité

Même si l’endroit et les circonstances sont précaires, la mise place d’un périmètre de sécurité bien palpable est indispensable.

Pour que votre abri soit sécurisant et vous apporte un maximum de confort, vous allez devoir respecter les règles ci-dessous :

  • Dormir sous quelque chose : afin d’avoir une protection contre les éléments extérieurs, la pluie, la grêle, la neige, le vent. Ainsi qu’un périmètre de sécurité psychologique.
  • Dormir sur quelques chose : afin d’éviter que le sol absorbe votre chaleur corporelle, il est impératif de dormir sur un tas de branche, de feuille ou d’herbe pour vous isoler.
  • Dormir dans quelque chose : afin de passer une nuit récupératrice qui va favoriser votre récupération cellulaire. Un duvet, une couverture en laine sont idéals.

3. La règle des 5 C

Vous devez avoir sur vous les éléments et outils essentiels pour ériger votre abri. Avant de partir en bivouac, n’oubliez donc pas la règle des 5 C :

  • Contenir (contenant pour l’eau)
  • Couper (un couteau et une machette)
  • Combustion (allumette étanche et allume feu)
  • Couvrir (bâche, duvet, couverture en laine)
  • Cordage (para-corde)

II Pratique

Maintenant que vous avez en tête les éléments théoriques propres au bivouac, il est temps de passer à la pratique.

Il va vous falloir être opportuniste et vous adapter rapidement à l’environnement qui vous entoure en utilisant et respectant les ressources locales : la nature est, dans ce cas précis, votre meilleure alliée.

Une fois l’emplacement choisi, il va vous falloir monter votre abri rapidement. Cela peut être une simple tente avec votre bâche, un appentis contre un arbre ou une souche, un abri en A ou une hutte, un aplomb rocheux etc … dans tous les cas, le temps de confection correspond souvent au nombre de jours que vous allez passer dans votre abri (moins de dix minutes à quatre heures), ainsi que des matériaux que vous avez à votre disposition

NB : éviter les grottes, car elles sont souvent déjà occupées…

1. Le tapis

Ne dormez jamais sur le sol ; respectez la règle du « RECC »

  • Radiation
  • Évaporation
  • Conduction
  • Convection

Il est impératif de mettre une couche végétale épaisse (branches de résineux, branches de feuillu, paille ou feuilles) entre vous et le sol, afin d’éviter une déperdition de chaleur ; qui, en fonction du sol et de l’humidité, peut-être importante.

En outre, en survie, plus vous serez serré, plus vous aurez chaud : concernant les dimensions du tapis de sol, on parle donc en moyenne d’une largeur de 60 centimètres par personne (à faire évoluer en fonction de votre corpulence bien évidemment), et d’une longueur équivalente à votre taille.

2. Les cinq types d’abri

Il existe de multiples techniques pour faire un abri. Ici, cinq méthodes simples vous seront présentées.
L’abri rustiqueLes abris tactiques avec bâcheL’abri tenteL’abri souche (environ 40 minutes)L’abri hutte ( 4 heures)

L’abri rustique

Le plus simple. Il demande un aménagement des plus spartiates : un sol rapidement dégagé, une couche isolante de végétaux ( sur laquelle vous pouvez rajouter votre poncho ou une couverture) et vous voilà déjà installé. Protection minimale garantie : n’hésitez pas à faire un feu, complément non négligeable surtout en hiver.

Les abris tactiques avec bâche

Ce sont les plus simples à réaliser (pose et démontage rapides). Vous allez trouver sur le marché différentes sortes de toile pour faire votre abri : les tactiques, les double toit et les bâches de chantier. Les deux premières sont onéreuses contrairement à la dernière, qui a, en revanche, pour inconvénient d’être très bruyante lors des différentes manipulations. Si c’est la discrétion qui est recherchée, mettez le prix. Sinon, concernant l’usage premier, les trois (3) font leur office. A savoir qu’il vous sera plus aisé d’abandonner une bâche agricole ou de chantier à 5 euros, qu’une bâche tactique à 50 ou en gore-tex à 150 en cas d’exfiltration.

NB : peu importe la couleur de la bâche : vous pouvez effectuer un camouflage rapide de votre abri en coupant des branches avec votre sécateur ou en vous servant de la flore environnante.

Dans un premier temps, trouvez un emplacement en sous bois discret, positionné entre deux arbres solides distants entre eux de 2 mètres environ. Délimitez une zone de confort en dégageant le sol de tout encombrant (ronce, orties, cailloux).

Dans un second temps, mettez en place votre tapis de sol. Fixez solidement votre bâche aux arbres ; la hauteur doit correspondre à la position assise. Si vous ne disposez pas de sardine métalliques pour la fixation, utilisez des branches taillées avec votre sécateur.

Il existe principalement 2 méthodes pour le positionnement de la bâche.

Le positionnement en « L » vous permet de conserver une vision panoramique. Il est conseillé par temps clair.

Le positionnement en « hutte », quant à lui, doit avoir les deux pans de bâche au plus prêt du sol, afin de faciliter le camouflage et vous apporter discrétion et sécurité. Conseillé surtout en cas de fortes intempéries.

L’abri tente

Simple et sécurisant (10 minutes). Il vous suffit de trouver un site adéquat et de nettoyer la zone. Vous pouvez ajouter une couche supplémentaire au sol avant le positionnement de la tente pour favoriser l’isolation et apporter du confort. En hiver, vous avez aussi la possibilité d’améliorer l’isolation de votre guitoune en glissant deux couvertures de survie entre la tente et le double toit.

N’hésitez pas à mettre en place de petits aménagements pour améliorer votre bien-être. Exemple : un feu pour sa chaleur, un support de bougie et de chaussures etc.

Si vous décidez de camper au bord d’un ruisseau, vous devez placer l’ouverture vers l’amont, afin d’avoir un visuel et d’entendre la montée des eaux (crue soudaine, surtout en montagne) et pouvoir ainsi anticiper votre évacuation.

L’abri souche (environ 40 minutes)

C’ est un abri d’opportunité (panne, égarement ou autres aléas). Les forêts étant soumises depuis plusieurs années à des tempêtes, il est assez facile de trouver un arbre déraciné et de se servir de la souche comme paroi principal de l’abri. Afin de vous construire une protection efficace, vous allez couper à l’aide d’une scie pliable les branches de la tête (cime de l’arbre) et les disposer en appentis.

Afin d’augmenter votre zone de confort, vous allez disposer une épaisse couche de foin pour vous isoler du sol et avoir un matelas confortable.

L’abri hutte ( 4 heures)

Abri très long à réaliser. Ce type d’abri est plus durable (plusieurs jours, voir une semaine sur site).

Une fois que vous avez trouvé un emplacement stratégique discret, à mi hauteur d’un mouvement de terrain (moins de moustiques), loin des chemins pédestres et de toute forme de vie, pourvu d’un point d’eau potable ainsi que d’une ressource en bois (construction et bois de chauffe), il ne vous reste plus qu’à vous mettre à la tâche.

Mettez en place un support avant en V retourné (porte de l’abri et seul accès) puis une solide poutre faîtière (de la grosseur d’une cuisse d’homme) qui va descendre jusqu’au sol et soutenir la construction.

Recouvrez de part et d’autre la poutre faîtière de rondins, puis de mousse et de feuille, voir de neige tassée en hiver afin de vous assurer une isolation thermique et hydrique. C’est un abri qui va vous apporter une protection très importante, même sous des averses de pluie, de grêle ou de neige.

Une fois votre tanière montée,1 il vous faut faire un feu et un pare-feu, pour cuire vos aliments, stériliser votre eau et assurer votre protection face aux prédateurs. Il est important de faire un bon stock de bois de chauffe pour passer la nuit.

Abri

3. Les différents aménagements

Pare-feu

Le pare-feu, en pierre, en bois ou avec des branchages est un petit mur calorifique qui va orienter la chaleur par rayonnement vers votre abri. Il vous permettra une meilleure chauffe de l’intérieur de l’abri et un séchage plus rapide.

Grille de cuisson

La petite grille de cuisson est un système très utilisé en Guyane. Un simple morceau de grillage supporté par quatre sardines métalliques. Un petit feu en dessous, va vous permettre de réchauffer votre café ou de stériliser votre eau de boisson. En déposant des braises avec votre pelle pliable dessous vous allez pouvoir griller de la viande ou du poisson.

Afin d’améliorer votre zone de confort, privilégiez les petits aménagements individuels.

6 piquets d’1 mètre de long, affûtés à une des extrémités vous permettra :

  • de créer un support à bougie pour la luminosité. Fendez le bout de bois avec votre machette en 2 ou en 4 sur 20 cm, afin d’insérer la bougie.
  • de sécher vos chaussures et d’éviter de vous retrouver avec une créature à l’intérieur à votre réveil.
  • de former un trépied pour recevoir votre sac à dos, ainsi que vos vêtements pour éviter humidité et nuisibles.

Pour finir :

En été, il est important de boire régulièrement afin d’éviter les crampes, les tendinites ou pire, un coup de chaleur.

En hiver, il vous faut impérativement éviter de transpirer car vous allez geler sur place. Les vêtement humides sont une invitation à l’hypothermie et aux engelures. Par sécurité, vous pouvez allumer un feu dès le début des travaux.


1. L’auteur s’est employé par respect pour la nature, ainsi que pour le propriétaire de la forêt qui l’a autorisé à faire ses différents types d’abris ainsi que ses tests, à n’utiliser que des arbres morts.

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Bandeau OVERLORD

Serge

Ex-membre des forces spéciales, survivaliste aguerri, Serge maitrise de nombreux domaines de la survie. Il est en permanence en recherche d'autonomie et sa particularité est de tester pour lui et sa famille la plupart des sujets qu'il évoque dans le magazine, faisant de lui un spécialiste du retour d'expérience.

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