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Edito Survival #33 : La coutume est plus sûre que la loi*

Le premier juin dernier a été déposée à l’Assemblé Nationale la proposition de loi numéro 4212 relative à l’encadrement du survivalisme et à la lutte contre les dérives et menaces associées. Ça y est, c’est dans le ventre de la bête, pour le meilleur et pour le pire serions-nous tentés d’ajouter. Mais faut-il légiférer sur tout ?

Car, si le but même de la Loi est de donner des cadres et de régir les comportements de la vie sociale, trop de lois pour tous les pans de nos vies ne desservent-elles pas l’essence même de leur fondement ? La question de l’utilité de la démarche est légitime, autant que de s’interroger sur les réels effets que cette loi aura. Et je n’ai bien sûr aucune des réponses.

À la lecture de cette proposition 4212, on ne peut en ressortir que mal à l’aise, car, même si l’on sent de la part des rédacteurs un souhait de ménager les susceptibilités en ne mettant pas tout le monde dans le même sac, l’état des lieux y est stéréotypé et met en avant le pire de ce que l’on peut trouver dans les propositions de stages et formations divers et variés de l’Internet.

Au final, tout ce qui compose l’ensemble des savoirs et savoir-faire que devrait détenir, selon moi, un individu libre, autonome, débrouillard, solide et instruit aux fondamentaux de la vie réelle est considéré par ce texte comme des activités survivalistes et doit de ce fait être strictement réglementé. On y parle de mouvance survivaliste, comme une sorte de magma humain séditieux grouillant dans les coulisses sociétales obscures.

Le texte conclut avec cette phrase : Aussi, nous sommes aujourd’hui face à un véritable vide juridique ! Le point d’exclamation devant attirer l’attention du lecteur sur cette folie qu’est le manque de lois sur un sujet bien précis, d’autant qu’il s’agit ici d’une fabrique hors de contrôle de fadas.

En guise de métaphore, je dirais que les lois, les réglementations, les codes, les décrets, les normes et autres listes d’impositions codifiées sont autant de couches que l’on ajouterait à chaque fois que l’on a froid. J’ai froid ! Solution : mettre un pull supplémentaire. Encore froid ? Un pull de plus. Et, à force de solutionner, on se retrouve avec tellement de pulls que l’on est paralysé par toutes ces couches.

L’État est, au premier chef, une construction juridique, une invention de juristes. Autrement dit, les origines intellectuelles de l’État se trouvent dans le droit et il est dès lors normal que son mode d’action premier est de réglementer, de faire des lois, de chercher à tout régenter. Mais, ces dernières ont des effets pervers et comme toujours avec une solution censée résoudre un problème, elles en créent de nouveaux.

On comprend dès lors pourquoi l’État est une notion qui a eu du mal à s’imposer auprès des Hommes dont beaucoup à travers les siècles se sont inquiétés et s’inquiètent toujours des dérives autoritaires. On légifère toujours plus sur les problèmes de la sphère privée et sur les choix individuels, mais est-ce là le rôle de l’État ? Est-ce de donner des réponses juridiques pour s’adapter à toutes les situations individuelles au risque de créer un marais judiciaire dans lequel s’enliseront les nouveaux cas rendant la Justice plus inefficace encore ?

Et l’individu alors ? Faut-il toujours l’orienter ? Faire le choix en amont pour lui ? Imposer ? Réduire ? Guider, diriger, imposer ? Probablement pas, car un individu qui serait libre saurait qu’il doit savoir s’autolimiter. Savoir qu’il y a des choses qu’on ne peut pas faire. Ou qu’il ne faut même pas essayer de faire. Ou qu’il ne faut même pas désirer. Ou qu’il ne faudrait même pas songer à désirer. Et il n’y a pas nécessairement besoin de lois pour ça, mais d’une culture du libre arbitre et d’acceptation des risques inhérents au fait de vivre.

En conclusion, si la Loi est nécessaire à la vie en société, elle ne doit pas et ne pourra jamais supprimer la part de risque inhérent au fait d’exister. On a besoin de se mettre en danger, de prendre des risques, de braver l’interdit sinon la vie perdrait toute saveur. Le tout sécurité est une castration des corps et des esprits et appauvrit la vaillance de l’âme. Il reste donc à espérer que cette nouvelle loi en gestation laissera toutefois assez de marge pour que chacun puisse prendre la part d’initiative qu’il accepte de prendre.

* Citation d’Euripide

Joël Schuermans

Survival #33

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