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Edito Survival #34 : Tous en ville ?

l’échelle planétaire, les mutations des modes de vie à l’œuvre sont d’une rapidité et d’une ampleur qui donnent le tournis. Il y a 50 ans à peine, seul un tiers de la population mondiale était urbaine. Aujourd’hui, la moitié des individus de la planète habite dans une ville. En 2025, ce sera sept personnes sur dix dans le monde qui vivront en ville, allant même jusqu’à huit dans certains pays. Mais alors, que devient le monde rural ?

Paysage de tom-fejer-unsplash

Car, si l’urbanisation va bon train, de facto, le milieu rural mute également : désertification de villages, périurbanisation et rurbanisation sont les principaux phénomènes qui affectent les campagnes du monde entier. Les villes attirent des gens qui désirent légitimement améliorer leurs conditions d’existence, car les citadins ont plus facilement accès aux soins médicaux, aux emplois, aux événements culturels et sociaux, aux plaisirs et conforts proposés par la société de consommation. Cette migration est amplifiée par l’influence de la culture actuelle, mondialisée et connectée, accessible depuis la plus isolée des écoles du globe, et qui fait exclusivement l’apogée du mode de vie urbain qui semble à présent le seul sort digne de ce nom pour un individu. À croire que le « rêve américain » a supplanté tous les autres et qu’aucun autre récit ne soit séduisant et capable de le remplacer.

Alors, les villes s’étendent toujours plus, c’est la périurbanisation. Cet étalement résultant de la croissance urbaine se fait au détriment des espaces ruraux qui sont transformés en surfaces artificialisées : maisons individuelles avec jardin clôturé, grandes surfaces, parkings, centres logistiques, infrastructures de transport, etc.

Alors que la périurbanisation envahit le préexistant situé aux alentours des villes (villages, bourgs et campagnes), une autre tendance est à l’œuvre depuis la fin des années 1970*, c’est la rurbanisation. Néologisme né de la contraction de rural et d’urbain, il désigne les nouveaux résidents qui quittent les centres-villes ou le périurbain pour des villages situés à une distance raisonnable de la ville. Ces personnes recherchent un logement plus adapté à la taille de leur famille ou à leurs revenus. Certaines sont également motivées par une envie de revivre « plus simplement », de manière « plus authentique ». Installés en logement individuel ou dans un lotissement résidentiel dont les promoteurs vantent l’« ambiance rurale » et « proche de la nature », les nouveaux arrivants exigent des équipements et services équivalents à ceux des villes qu’ils ont quittées et la disparition des nuisances liées aux campagnes (bruits d’animaux ou de machines agricoles, odeurs de fumier, etc.). Souvent, ces néoruraux continuent d’aller travailler dans la ville la plus proche et exécutent des migrations pendulaires entre leur résidence et leur lieu de travail où ils pratiquent la plus grande partie de leurs achats et de leurs loisirs. On l’a compris, il s’agit dès lors davantage d’une posture que d’un vrai retour à la vie rurale.

L’urbanisation et ses effets secondaires sont vécus comme une fatalité par la plupart des gouvernements, nous sommes donc sur une trajectoire que rien ne semble pouvoir arrêter. Mais, si les villes rendent les habitants totalement dépendants des services dont elles ont la responsabilité et le contrôle, si on considère les villes comme des systèmes critiques donc fragiles et que plus personne n’habite les campagnes en y vivant en paysan, qui va nourrir les citadins ?

Si la solution réside en des projets comme celui de Google avec ses robots fermiers Mineral ou par la reprise en mains de l’ensemble des terres agricoles par l’industrie agroalimentaire, tout comme les sources d’eau accaparées par les vendeurs d’eau en bouteille, il faut se préparer à un monde où chaque individu sera dépendant du capital pour assurer ses besoins fondamentaux : boire et se nourrir.

Mais finalement, ne sommes-nous pas déjà dans ce monde-là ?

* Bauer G. et Roux J-M., La rurbanisation ou la ville éparpillée, Édition du Seuil, Paris, 1976

Joël Schuermans

Couverture Survival #34

Au sommaire de survival #34

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