Allumer un feu est une compétence de base à maîtriser pour qui souhaite s’aventurer dans la nature. Le feu réchauffe et réconforte après une journée de marche, il permet de faire cuire sa nourriture et de purifier de l’eau, il permet de faire sécher ses vêtements…

I – SÉLECTION DES MATÉRIAUXII – PRÉPARATION DU FOYERII – ALLUMAGECONCLUSION

Ses implications physiques et psychologiques sont presque infinies rien qu’en terme de confort ; ne parlons même pas d’une situation de survie.
En Bushcraft, on a très vite tendance à privilégier des méthodes d’allumage un peu tape-à-l’œil telles que le feu par friction, le firesteel ou le briquet à silex (pour ne citer qu’eux). Cependant, les bonnes vieilles allumettes valent également leur pesant d’or et demandent à être maniées avec subtilité pour être pleinement efficaces.

Les stagiaires participant à l’un des stages de Bushcraft de l’association Nature Aventure Survie n’y coupent pas, il s’agit de leur baptême du feu.

C’est un défi qui fait toujours sourire tant les règles sont simples : une allumette, quinze minutes en pleine nature, le chrono tourne. Il convient de s’y frotter régulièrement, au moins une fois par saison pour en saisir toutes les subtilités. L’hiver étant bien installé, le feu trouve toute son utilité et vous gratifiera d’une douce chaleur bien méritée en cas de succès.

I – SÉLECTION DES MATÉRIAUX

Comme toujours avec le feu, c’est la préparation en amont de l’allumage qui détermine le succès ou non de l’opération. Il est envisageable (et vivement conseillé) de faire usage d’initiateurs de feu si le milieu peut vous en fournir : fougères mortes sur pied et sèches (elles sont alors craquantes), akènes divers si tant est qu’on puisse en trouver des secs (clématite, massette, sureau hièble…) ou même écorce de bouleau si tant est que vous en trouviez sur un arbre mort. Il faudra que le bois soit en état de décomposition suffisant pour autoriser l’arrachage à mains nues si vous avez fait le choix de ne pas utiliser de couteau !

Le petit bois doit être sélectionné avec soin. On évitera de le collecter au sol où il sera probablement chargé d’humidité, mais on préférera se tourner vers des brindilles, les plus fines possible, encore accrochées à leur arbre. Elles doivent être sèches et mortes et satisferont alors au « clac- test » c’est-à-dire qu’elles se briseront nettement avec un claquement bien sec. Les meilleures essences pour ces brindilles seront chargées de résine : Sapins, épicéa, pins, cyprès, etc., mais on pourra se tourner vers du bouleau qui brûle également vivement.

Les initiateurs de feu doivent être secs, fibreux et aérés pour permettre de faire grossir la flamme de l’allumette.

Maintenant vient le moment le plus fastidieux : le tri. Décortiquez votre récolte pour isoler les brindilles les plus fines. Cela permet également de sentir le bois qui n’est pas bien sec (il se casse mal) et de l’éliminer. Il doit rester un fagot suffisamment conséquent pour qu’on doive le transporter à deux mains. Les brindilles les plus fines auront la taille d’une mine de crayon, viennent ensuite les branches de la taille d’un crayon puis d’un doigt et ainsi de suite…

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Le baptême du feu, une épreuve simple, mais dont le taux d’échec est étonnamment élevé.
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Des herbes mortes ramassées à même le sol, mauvaise idée !
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Les initiateurs de feu doivent être secs, fibreux et aérés pour permettre de faire grossir la flamme de l’allumette.

II – PRÉPARATION DU FOYER

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Les brindilles de bouleau font un excellent petit bois même en conditions humides.

Mettre la terre à nu sur environ 2 mètres de diamètre. La litière forestière est ainsi rejetée sur le contour d’une zone neutre. Édifier une plateforme à partir de branches mortes et sèches d’une taille supérieure à celle du pouce. C’est sur cet édifice que vous construirez votre foyer. La plate-forme permet d’affranchir le combustible de l’humidité du sol tout en autorisant son oxygénation.

In fine, elle se consumera comme n’importe quelle pièce de bois sec. Si le combustible est limité, on commencera par allumer le petit bois avant de superposer les branches avec un angle de 90° entre chaque étage. Cela permet de conserver une bonne aération du foyer. Dans ce cas, conserver le bois à portée de main. Si la récolte a été plus fructueuse en revanche, on peut se lancer dans un foyer top down où le bois de gabarit le plus important se situe en bas de la pile, chaque étage voyant le diamètre des branches diminuer et l’orientation changer de 90°.

II – ALLUMAGE

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Une boîte d’allumettes en écorce de bouleau. Disposer les têtes vers le bas et coller un grattoir sous le couvercle.
Les allumettes type OTAN résistent à l’immersion et au vent en raison de leur tête initiatrice très étalée. Une résine en
protège le sommet.

Voici la phase la plus délicate où la quasi-totalité des personnes s’étant frottées au baptême du feu s’est cassé les dents.

Si la plupart des allumettes du commerce sont à section carrée, les allumettes en papier que l’on trouve facilement dans les bars sont aplaties. De façon transversale, leur meilleure résistance viendra de l’épaisseur la plus forte.

De façon longitudinale, c’est la longueur de l’allumette qui fait tout, on préférera donc exercer une force plus importante sur ce plan. Pour limiter les risques de casse, on viendra tirer la tige coincée entre le pouce et le majeur tout en maintenant l’extrémité collée contre le grattoir à l’aide d’un index placé juste au-dessous de la tête. La flamme jaillit du néant grâce à la friction, il ne reste plus qu’à protéger celle-ci par une main en coupe et rapprocher l’ensemble de notre corps.

Allumer l’initiateur de feu en plaçant la flamme de l’allumette à environ un centimètre en dessous. Ne jamais mettre en contact la tête d’allumette et le combustible, cela pourrait étouffer la combustion et ruiner tous vos efforts. Une fois que les flammes se développent, placer d’autres poignées de petit bois juste au-dessus (aucun contact encore une fois) et ne déposer le combustible sur le foyer que lorsque les flammes s’élèvent de plusieurs centimètres.

CONCLUSION

Le feu avec une seule allumette se pratique pour plusieurs raisons : 

• Il vous astreint à une excellente sélection des matériaux et une non moins bonne préparation de votre foyer.
• Il vous oblige à être méticuleux avec votre moyen de produire une flamme. • Il met en évidence l’importance de la phase post-allumage où les flammes sont encore frêles.

Surtout, il vous confortera dans l’idée qu’il ne faut jamais se reposer sur un seul moyen d’allumer un feu. Il va de soi que pour un «kit feu » (voir Hors Série Survival #1), on sélectionnera plusieurs méthodes d’allumage. Le simple briquet BIC étant la solution la plus simple en cas de coup dur.

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Les allumettes semblent presque être de l’antijeu dans ce défi, mais sortez dans la forêt proche de chez vous et essayez par temps sec, humide, sous la pluie, sous la neige… Il ne tient qu’à vous de tenter la même chose par la suite avec des moyens plus complexes comme un firesteel, un briquet à silex ou pneumatique et pourquoi pas, une méthode faisant appel à la friction. Bon courage ! 

Commander Survival 18

À retrouver dans votre magazine Survival#18

Alban Cambe
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