Ecobivouac : Un manuel pour bivouaquer éthique !

La crise sanitaire COVID et les restrictions de mouvements et d’activités qu’elles ont imposées et imposeront probablement encore ont favorisé les contenus en ligne de toutes En août dernier, est sorti Ecobivouac. Le manuel pratique de l’outdoor éthique de Marine Menier, auteure du magazine. Un guide pratique pour rendre ses sorties en nature plus éco-responsables. Mais surtout une philosophie, une approche de son environnement différente et plus en harmonie avec le Vivant. Marine Menier nous propose de découvrir ce milieu dans lequel nous aimons nous immerger afin de nous en inspirer dans nos différentes pratiques. Nous lui avons posé quelques questions.

Qui est Marine Menier ?

Qui est Marine Menier ?
Bonjour, j’aime me définir comme un couteau-suisse ultra curieux. Apprendre et découvrir de nouvelles choses me passionnent, et je ne me lasse pas de m’exposer à des situations qui me font grandir. Je suis humanitaire de profession, spécialisée dans la gestion des risques de sécurité, sûreté et santé. Je déambule en nature depuis que je suis enfant, mais j’ai vraiment renoué avec le sauvage il y a 5 ans environ. Depuis, ma vie oscille entre missions terrain dans des zones à risques et escapades et expéditions en France ou à l’étranger !


Quel est ton rapport au bivouac ? Est-ce une pratique régulière ? Pratiques-tu le bivouac en itinérance ou es-tu plutôt une adepte du bushcraft ?
Le bivouac est pour moi plus qu’une pratique, c’est un art de vivre. C’est poser un autre regard sur les choses : plus lent, plus doux et en se recentrant sur l’essentiel. En bivouac, on redécouvre notre rythme naturel, et aussi, que tout se mérite ! C’est l’occasion de combiner connaissances théoriques, savoir-faire pratiques, et savoirs-être (plus ou moins) intuitifs. Je dors en nature le plus souvent possible ! Parfois en itinérance mais le plus souvent en statique, pour une nuit ou plus, en prenant le temps de me fondre dans le biotope qui m’entoure. Je dirais donc plutôt bushcraft, même si marcher sur de longues distances me permet de renouer avec mon âme nomade ! Étais-tu dès le début dans une démarche éco-responsable lors de tes sorties en nature ?  Oui, j’ai toujours posé un regard très humble sur l’écosystème qui a accueilli mes aventures. Je suis engagée dans des associations de protection de l’environnement depuis mon enfance, sensibilisée à la vulnérabilité et à l’incroyable résilience aussi des espèces qui nous entourent. Je me souviens encore de mes premières grimpettes dans les arbres, soucieuse de me faire toute petite pour ne pas déranger les oiseaux qui y avaient élu domicile, ou de mes premières observations animales, subjuguée par la silhouette mystique d’un cervidé dans la brume du matin !

Comment est venue l’idée de ce livre ? 
Cette idée de livre a émergé après avoir encadré plusieurs sorties en nature avec de petits groupes et animé des ateliers sur le bivouac responsable, dont j’ai vite perçu la pertinence. Je suis de celle qui veut mettre tout le monde dehors, persuadée que renouer avec les plantes et les autres animaux fait un bien fou. Mais je voulais me positionner en « diplomate », pour aider humain et nature à se réconcilier, sans s’opposer ! Il n’existait pas de telles ressources en français, l’idée a germé !


Peux-tu nous en dire plus sur la philosophie du livre : le leave no trace ?
« Leave no trace » signifie « ne pas laisser de traces ». C’est une approche éthique des activités de pleine nature (aujourd’hui une marque déposée) développée aux États-Unis. Le livre prend ce concept comme point de départ, mais propose d’aller encore un peu plus loin : tout être qui vit laisse une trace, et nous sommes tout aussi légitimes que les autres espèces lorsque nous sommes dans les bois. Cependant, la question est davantage de laisser la « juste trace ». L’empreinte la plus faible possible, pour que le milieu puisse se remettre facilement de notre passage, de nos cueillettes ou de nos bivouacs ! Notre survie dépend de la durabilité des ressources, c’est donc un enjeu essentiel.

À qui s’adresse ce livre ? Pour quel type de pratiques ? 
Ce livre est destiné à un très large public. Bien sûr, les randonneurs et pratiquants d’activités de pleine nature y trouveront plein de conseils techniques pour débuter ou aller plus loin dans leurs explorations : je présente les bases, agrémentées de cette composante éthique qui fait la spécificité du livre. Mais il s’adresse aussi à tous ceux et celles qui sont curieux d’apprendre : j’y décris le fonctionnement des biotopes et révèle plein de secrets sur le cycle de l’eau, le fonctionnement des feux, les abris des animaux, etc. Ce livre est un manuel qui met l’accent sur notre saine dépendance aux ressources naturelles, tout à fait transposable à la vie quotidienne – en nature ou ailleurs !

Si tu n’avais qu’un conseil à donner pour aborder nos activités en nature de manière plus éco-responsable, lequel serait-ce ? 
Simplifiez ! Pas besoin d’investir dans du matos ultra-technique et couteux, pas besoin de préparer une sortie pendant 6 mois : évaluez vos besoins essentiels, notamment autour de la sécurité, puis laissez-vous porter par vos sens, avec humilité ! L’humilité me semble d’ailleurs être le conseil premier quand on parle de survie pure !

Bandeau abonnez-vous

Ecobivouac. Le manuel pratique de l’outdoor éthique, Marine Menier.
Illustrations de Pauline Martin. Éditions Partis Pour, 2021, 442 p., 27€ Disponible à la Librairie du Collectionneur.

Pour survivre en nature, s’inspirer des animaux et des plantes qui nous entourent semble être la clé. Pourrais-tu nous en dire plus ? 
Le biomimétisme est une approche selon laquelle on peut s’inspirer des autres espèces pour s’adapter à l’environnement, voire proposer des « avancées technologiques ». Pour ma part, je le décris davantage comme une vraie reconnexion : toutes les réponses sont dans la nature, c’est vrai, et le vivant a déjà toutes les solutions. Il s’agit de savoir rouvrir les yeux et développer son sens de l’observation : notre fameux système des 3 couches, par exemple, qui permet l’évacuation de la transpiration tout en conservant l’air chaud près du corps est une technique utilisée par les ours polaires, les moutons ou encore les oiseaux ! Et ces « inspirations sauvages » s’appliquent à tous les domaines de la survie : s’abriter, se chauffer, s’hydrater, se nourrir et se soigner, mais aussi créer du lien !

Bouton Commander-survival-34

Retrouvez cet article dans Survival#34

SURVIVALMAG
Les derniers articles par SURVIVALMAG (tout voir)
Suivez-nous :
Instagram
Twitter
Visit Us
Follow Me
LINKEDIN
Share
Bandeau-Overlord

SURVIVALMAG

Le guide de survie en milieu hostile. Survival vous prépare à affronter les dangers que la société moderne nous a fait oublier. Survival, le guide de survie en milieu hostile. Découvrez le premier magazine français dédié aux survivalistes!

vous aimez survival-mag, suivez nous