Penser avant d’agir, agir sans trembler quand il le faut et apprendre de ses erreurs.

JOËL SCHUERMANS

QUESTIONS ITV

S. : Qu’est-ce qui te passionne dans la vie ?

J.S. : L’aventure sous toutes ses formes, avec une prédilection pour les forêts, les déserts et la montagne, la marche ainsi que le canoë. Au fil de mes missions et expéditions, l’envie de pouvoir me soigner ou mes équipiers et les personnes rencontrées, m’a renvoyé sur les bancs d’école pour apprendre ce qui est devenu une vraie passion également : les soins en situation dégradée ou austère et loin de toute aide médicale. En dehors de cette ligne de fond, voir le monde, écrire et lire.

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En expé au Kirghizistan lors d’une intervention sur une gladiatrice moderne lors du redoutable Silk Road Mountain, la course VTT la plus dure au monde. 
©Maéva Bardy

S. : En quelques mots, comment vois-tu évoluer le monde et nos sociétés depuis la crise COVID ?

J.S. : Cette crise sans fin n’est qu’une couche supplémentaire au grand effondrement civilisationnel en cours. Je ne vois pas ça de manière négative, même s’il est vrai que l’attitude des États avec leurs mesures coercitives nous complique le quotidien. Pour moi, en ces temps troubles, malgré les difficultés, il faut se réjouir du lent naufrage du mode de vie techno-industriel basé sur la prédation, l’accaparement, l’extractivisme, la détérioration du Vivant, la domination de l’homme par l’homme. Et c’est ce naufrage qui est à l’œuvre aujourd’hui, tout est au rouge : extinction massive, changements climatiques, inflations, pandémie, pénuries, clivages, grognes sociales, tensions internationales. Seul un déni puissant provoqué par une dissonance cognitive compréhensible sous certains angles empêcherait une personne réaliste de le voir. Donc, tout se contracte et se cristallise avec COVID qui de problème sanitaire se transforme en hallucination collective. Cette épidémie, récupérée par la politique dirigeante, permet aux autorités de nous soumettre davantage, avec le consentement d’une majorité de la population. C’est ce qu’on nomme la domination par la peur. Après les mesures spéciales liées à la menace terrorisme, tout à coup disparue alors que les lois d’urgence et autres règles « d’exception » restent, celles liées au COVID se superposent. Quelles seront les suivantes ? Des mesures restrictives liées à l’urgence climatique ou économique résultant du COVID ? La bête vacille, mais une chose est claire : elle se battra jusqu’au bout pour garder ses privilèges et son pouvoir. 

S. : Si l’on souhaite cultiver son autonomie et sa capacité de résilience, quel serait ton conseil principal sur la manière d’envisager ce projet ?

J.S. : S’y mettre aujourd’hui est presque tard et si pas trop tard, tout du moins urgent ! Il faut apprendre à faire plus avec moins. Il faut prendre parti, se mettre du côté de ceux qui ont compris que le projet de la vie commode, sûre et moelleuse, c’est mort, c’est derrière nous et ce n’est plus pour nous. Pas de regret à avoir, faut se retrousser les manches. Se trouver un bout de terre, (ré)apprendre ce qu’on a eu trop vite fait d’oublier en pensant que ça ne servirait plus, créer du lien avec d’autres pour coopérer autour de projets autonomes, apprendre un tas de trucs, viser le low-tech, savoir se nourrir, se loger, se guérir, se défendre et reprendre la main sur l’instruction de nos enfants.

S. : Un mot de la fin ?

J.S. : Toute fin de chapitre n’est qu’une chance pour en écrire un nouveau. À vos plumes.

SUR INTERNET 

Son site : www.joelschuermans.com

Sa page Facebook : Joël Schuermans

Son Instagram : @joel_schuermans

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